Le numérique, un enjeu majeur pour la santé en France

Ségur de la santé : Olivier Veran a récemment annoncé 2 milliards d’euros d’investissements  afin de donner un coup d’accélérateur pour rattraper le retard dans la modernisation, l’interopérabilité, la réversibilité, la convergence et la sécurité des systèmes d’information en santé, fondamentaux de la feuille de route nationale du numérique en santé portée depuis 18 mois par le ministère. La place accordée au numérique est historique ! 

L’accent est porté sur le médico-social et sur 4 axes  :

  • Le secteur médico-social bénéficiera d’un investissement dédié exceptionnel sur 5 ans à hauteur de 600 millions d’euros dans les équipements de base, les logiciels socles et les services d’échange (au lieu des 30 millions initialement prévus), permettant de donner une impulsion déterminante à la modernisation des outils numériques de ce secteur. Un appel à projet est en cours « Structures 3.0 : numérique et médicosocial » lancé par l’ARS et ouvert jusqu’au 1er octobre 2020.
  • L’intégration des fondations numériques régaliennes, notamment l’identifiant national de santé, le cadre de sécurité et d’interopérabilité, la messagerie sécurisée de santé et le dossier médical partagé, sera soutenue auprès de toutes les parties prenantes (établissements, industriels, plateaux techniques…). Elle permettra le développement et le déploiement d’une offre logicielle de qualité inscrite dans la doctrine technique nationale du numérique en santé.
  • Concomitamment, des modalités d’incitation forte à l’usage (dans la continuité des programmes actuellement engagés tels que les programme nationaux HOP’EN et E-PARCOURS) seront activées sur certains cas d’usage prioritaires, comme le partage de l’histoire médicale du patient, le compte-rendu d’hospitalisation et les résultats de biologie et d’imagerie via la messagerie sécurisée de santé et le DMP.
  • Le développement de la télésanté en prolongeant les dispositifs d’assouplissement mis en place pendant la crise du COVID notamment le principe de connaissance préalable du patient pour les téléconsultations, en permettant aux professionnels de santé non médicaux de solliciter une télé expertise, en permettant une prise en charge conventionnelle des actes de télémédecine pour les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes, en lançant les discussions conventionnelles pour la télésurveillance.
  • Le développement du système d’information outillant le service d’accès au soin (SAS) et, de manière générale la stimulation de l’écosystème pour la création de services numériques réellement innovants et l’analyse des données de santé dans un cadre éthique et sécurisé.

« Au-delà de ces actions d’investissement, dans la droite ligne du pilier 1 du Ségur, un travail devra aussi être engagé pour favoriser l’attractivité des meilleurs profils numériques dans les hôpitaux », ajoute la DNS. Dominique Pon insiste en effet sur l’importance des compétences pour réussir la transformation numérique du système. Des moyens sont nécessaires pour le volet technique mais aussi pour le volet humain.