L’e-santé en France : synthèse, benchmark et recommandations

Date : 15 juillet 2019 / Lieux : Bordeaux

 

Les cabinets de conseil Care Insight et OpusLine, sous l’égide du Pôle interministériel de Prospective et d’Anticipation des Mutations économiques (Pipame) ont mené une étude sur l’offre E-santé française. Patients, acteurs du soin et acteurs industriels ont été sollicité tout au long de cette étude, soit l’ensemble des acteurs de l’écosystème santé.

De décembre 2014 à fin décembre 2015, plus de 110 personnes ont contribué activement au déroulement de l’étude sur le territoire français, mais également à l’échelle internationale, lors d’un benchmark précis portant sur plus de 18 pays. L’occasion de comparer l’e-santé en France et l’état du secteur à l’étranger.

 

  • Éléments mis à jour par l’analyse

L’objectif de l’étude ? Se focaliser sur l’offre en e-santé innovante pour le bénéfice du patient et sur les segments à fort potentiel de croissance. Le constat de départ est double. Soigner autrement est :

– d’une part un « impératif de santé publique dans un contexte de vieillissement de la population, d’augmentation des maladies chroniques, d’hyperspécialisation de la médecine, de désertification médicale et d’exigence accrue des patients ».

– d’autre part, un « impératif économique qui touche particulièrement la France dont les dépenses de santé croissent aujourd’hui plus fortement que le PIB ».

L’étude a notamment révélé que :

  • l’e-santé est un bénéfice potentiel pour la population qui reste sous-exploité. Selon les données récoltées, le déploiement de l’e-santé est circonscrit à une succession d’expérimentations qui n’ont pas un impact profond sur les pratiques et les usages.
  • l’e-santé en tant que relai de croissance pour l’économie française tarde à se concrétiser. Malgré le nombre de startups et PME positionnées sur la télémédecine ou le secteur de l’innovation en santé, elles manquent de visibilité sur les marchés internationaux, dominés par des géants sud-coréens (Samsung). L’alliance e-health France et l’association France eHealth Tech (qui a depuis rejoint France Digitale et devenir France Digitale Health) sont de bonnes pistes pour dynamiser le tissu industriel français de l’e-santé.
  • les démarches sont concomitantes, mais les dispositifs incomplets, et parfois incohérents avec le volontarisme annoncé. Si des initiatives et des expérimentations sont soutenues et financées par les pouvoirs publics, leurs modes d’évaluation sont perfectibles.

 

Benchmark : quels leviers favorisent le développement de l’e-santé à l’étranger ?

L’étude a mis à jour une liste de leviers favorables à l’e-santé appliqués au niveau international et exportables en France. À savoir :

  • une stratégie claire et constante des pouvoirs publics,
  • une organisation facilitant les échanges entre les acteurs du système e-santé et l’intégration de l’offre de soins,
  • une organisation des institutions, via une répartition des rôles et des responsabilités entre les niveaux central, régional et local,
  • des politiques innovantes plaçant le patients/citoyens au centre du dispositif de santé,
  • des modalités de rémunération et de financement spécifiques (remboursement des actes de télémédecine, le paiement à l’activité ou par capitation),
  • le financement des projets par les structures publiques,
  • l’encouragement aux exportations des succès nationaux sur la scène internationale,
  • l’accessibilité des soins, notamment des caractéristiques géographiques propices au développement de l’e-santé (isolement, etc),
  • la recherche d’innovation et l’accompagnement des startups sur le marché.

Recommandations

Selon l’analyse, la France possède tous les atouts pour réussir dans le domaine e-santé, notamment sur le plan industriel. Pour garantir un succès futur, l’étude préconise « un rassemblement de l’effort, une constance dans la politique publique suivie, une communication claire et sans ambiguïté et une mise en visibilité du bénéfice rendu à la population ». Quatre axes sont nécessaires pour performer en ce sens.

Axe 1 : appuyer les développement d’une offre compétitive au bénéfice de la France et conquérante sur les marchés étrangers

Axe 2 : accélérer la maturité de la demande du patient, du citoyen, des professionnels de santé et des institutionnels

Axe 3 : améliorer et accélérer la mise à disposition de l’offre vers le marché afin d’éviter la fuite vers des solutions étrangères ou un retard de bénéfice rendu aux Français

Axe 4 : améliorer la gouvernance et l’alignement des acteurs sur des objectifs communs, des agendas coordonnés, des moyens concentrés et partagés.